INCI #3 : Les huiles minérales

Les huiles minérales ont été mon déclic pour passer aux cosmétiques naturels. J’étais déjà passée au naturel depuis un an pour mes cheveux, et je commençais à me préoccuper de comment je m’occupais de ma peau quand j’ai appris leur existence.

 

Les huiles minérales sont issues de la pétrochimie, donc du pétrole. Pour être plus précises, ce sont des composés synthétiques pouvant provenir de la distillation de la houille, du pétrole ou de certains schistes bitumineux. Elles sont très utilisées dans l’industrie mécanique, mais aussi cosmétique. Elles peuvent être fluides, ou plus ou moins solides. C’est un peu le comble pour une amoureuse de l’océan de s’étaler ça sur la figure.

Les huiles ou cires minérales portent ces doux noms plutôt transparents :

  • Paraffinum Liquidum,
  • Paraffin, Petrolatum,
  • Petrolatum jelly,
  • Cera Microcristallina,
  • Ceresin, Ozokerite,
  • Polyisobutilene

La vaseline est donc une huile minérale : c’est ce fameux petrolatum.

Très utilisées dans l’industrie cosmétique donc ? Voyons voir. Dès qu’un produit peut contenir de l’huile, alors il peut y avoir de l’huile minérale : produits visage, corps, cheveux, du maquillage à la crème solaire en passant par les produits bébé… Et dans beaucoup de pommades et produits pharmaceutiques.
D’après le site, ce produit est « 100% naturel, sans parabens, sans conservateurs et sans produits chimiques

Composition
Mineral Oil, Coconut (Cocos Nucifera) Oil, Ricinus Communis (Castor) Seed Oil, Hydrogenated Polyisobutene, Mica, Silica, Tocopherol Acetate(VE), Retinol(VA), Titanium Dioxide (CI 77891), Iron Oxides (CI 77491, CI 77492, CI 77499), Manganese Violet (CI 77742), Mica (CI 77019).

Oui oui, effectivement, le pétrole ça vient de la nature ! Et c’est le composant majoritaire ! Mineral oil et Hydrogenated Polyisobutene. Le site nous explique les vertus de la majorité des ingrédients, dont l’huile minérale : « L’huile minérale hydrate et revitalise la peau ».

Ah bon ?

Pourtant, lorsque je fais quelques recherches, je trouve l’intérêt de son utilisation dans les cosmétiques : elle forme un film occlusif sur la peau qui empêche l’eau de sortir, donc de se déshydrater… En aucun cas elle n’hydrate ! Et pour cause, les huiles ne sont jamais hydratantes. D’ailleurs, elles ont plutôt tendance à boucher les pores du coup : comédogènes donc, elle favorise l’apparition de boutons et points noirs.
Elles sont irritantes pour la peau, et elles peuvent être très dangereuses si elles atterrissent dans votre estomac : elles ont tendance à s’accumuler dans nos organes. A éviter surtout si elles sont contenues dans tout ce que vous mettez sur vos lèvres, comme une crème visage, un baume à lèvre, du rouge à lèvres, du gloss… Et aussi dans les crèmes pour le buste, sympa si vous allaitez : une étude a déterminé que les paraffines minérales constituaient l’élément contaminant le plus important du lait maternel.
Contrairement aux huiles végétales, elles ne peuvent pas être assimilées par la peau, et donc la nourrir. On comprend mieux pourquoi souvent les baumes à lèvres ne sont pas si efficaces. Les lèvres ne produisent pas sébum, donc l’effet occlusif ne va certes pas créer de boutons sur nos lèvres, mais elle va aussi les empêcher de se réhydrater. Double peine !
Pour finir, puisqu’elles sont issue du pétrole, elles sont évidemment très très polluantes.

Pourquoi les utilise t-on alors ? Et bien, parce qu’elles permettent de rendre ferme le produit (hello rouges à lèvres !), seraient faciles à manipuler, en plus de ne pas coûter bien cher. Elles sont plus stables que leurs alter-égo végétaux, c’est à dire qu’elles tiennent mieux. Mais elles peuvent être remplacées, c’est pourquoi les labels bios les interdisent. Ainsi, on peut utiliser de la cire d’abeille pour recréer ce film occlusif, et des huiles végétales pour le reste dans les crèmes et laits.

Un ingrédient cheap, pas indispensable, dangereux et polluant donc. Cheap, et pourtant largement utilisé dans le luxe : les voyez-vous ?

 

Baume à lèvres Dior

Composition
OCTINOXATE (ETHYLHEXYLMETHOXYCINNAMATE) 7.50 %, C10-30 CHOLESTEROL/LANOSTEROL ESTERS, DIISOSTEARYL MALATE, BIS-DIGLYCERYL POLYACYLADIPATE-2, PHYTOSTERYL/OCTYLDODECYL LAUROYL GLUTAMATE, SYNTHETIC BEESWAX, DIMER DILINOLEYL DIMER DILINOLEATE, OCTYLDODECANOL, OZOKERITE, ETHYLHEXYLPALMITATE, C20-40 ALCOHOLS, POLYETHYLENE, IRVINGIA GABONENSIS KERNEL BUTTER, HYDROGENATED COCO-GLYCERIDES, DECYLOXAZOLIDINONE, TRIBEHENIN, PARFUM (FRAGRANCE), LUFFA CYLINDRICA SEED OIL, BHT, SORBITAN ISOSTEARATE, VANILLIN, TOCOPHERYL ACETATE, TOCOPHEROL, BENZYL ALCOHOL, PALMITOYL OLIGOPEPTIDE, TOCOPHEROL, PROPYLGALLATE [ /-: CI 77891 (TITANIUM DIOXIDE), CI 45380 (RED 21, RED 21 LAKE), CI 45410 (RED 27, RED 27 LAKE, RED 28 LAKE), CI 77491, CI 77492, CI 77499 (IRON OXIDES), MICA, CI 15850 (RED 6, RED 6 LAKE, RED 7, RED 7 LAKE), CI 75470 (CARMINE)].

Réponse à surligner : Ozokerite (4ème ligne)

Pour moi, que des rouges à lèvres naturels, merci !

INCI #2 Parabens et autres conservateurs

Après nous être penchés sur le cas des silicones, et comment les retrouver facilement dans une liste INCI, nous allons nous attaquer aux parabens ! Mais d’abord, pourquoi est-ce que tout le monde semble vouloir les éviter ?

 

Pour un petit rappel sur ce qu’est l’INCI, ses forces et ses limites, va faire un petit tour ici.

 

Pourquoi faut-il éviter les parabens ?

Les parabens sont des conservateurs, et pas n’importe lesquels : les plus efficaces ! On peut les trouver dans 80% des cosmétiques mais aussi dans notre alimentation : gâteaux, pâtisseries, glaçages, garnitures, boissons sucrées, crèmes, pâtes, confitures, gelées, condiments, olives, conserves, sirop.
Les parabens sont soupçonnés de créer des allergies. Mais pas uniquement : on les suspecte d’être également des perturbateurs endocriniens, c’est à dire des substances chimiques qui se comportent comme des hormones et viennent foutre le bordel dans ton corps. Ce sont des hormones qui régissent ton système reproducteur, et les parabens viendraient les perturber : ils réduiraient la quantité de spermatozoïdes baissant donc la fertilité chez l’homme. Ils accéléreraient également  l’apparition du cancer du sein (on a retrouvé des parabens sous forme intacte dans ces tumeurs). Certains parabens sont interdits. Comme il a été difficile de définir si oui ou non ils sont dangereux, les études ayant subis des controverses, c’est ce principe de précaution qui a été appliqué. Mais du coup certains parabens sont toujours autorisés.

Mon opinion : Tout ceci est au conditionnel parce qu’aucune étude scientifique ne le prouve aujourd’hui. Mais il y a longtemps eu aucune étude scientifique qui disait que la cigarette était dangereuse. Dans le monde des cosmétiques, il y a rarement fumée sans feu.
Certains disent que les parabens sont acceptables car le methylparaben se retrouve notamment dans les myrtilles. Sauf que personne ne mange tous les jours des myrtilles, si ? Et quelle quantité faut-il manger de myrtilles pour perturber votre corps ? Ce sont des nuances qu’on ne retrouve dans aucun discours : souvent on nous dit que tout est noir ou tout est blanc.

Moi, je bannis les parabens. Quant aux labels bios, ils interdisent tous les parabens, au même titre que les silicones. Attention au marketing : s’il y a écrit « Sans Paraben », ça ne veut pas dire que le produit contient normalement des parabens (je peux très bien écrire « Sans viande » sur une tarte aux fraises), ni qu’il ne contient pas un conservateur très mauvais.

 

Comment répérer les parabens ?

C’est heureusement très facile. Non seulement il n’y en a pas 50 000, mais ils finissent tous par –paraben :

  • methylparaben,
  • ethylparaben,
  • propylparaben,
  • butylparaben

Ca va pas trop dur ? Allez on s’entraine : dans ce produit Lush, combien y a t-il de parabens ?

Linum usitatissimum, Anthemis nobilis, Matricaria chamomilla, Crocus sativus, Cetearyl alcohol & Sodium laureth sulfate, Citrus limonum, cetearyl alcohol, Extra Virgin Olive Oil, Citrus limonum, Anthemis nobilis, Soya lecithin, Citral, Lilial, Limonene, Parfum, Methylparaben, Propylparaben.

Réponse à surligner : Methylparaben et Propylparaben (dernière ligne)

Quels sont les autres conservateurs à éviter  ?

Déjà, il faut savoir qu’aucun conservateur n’est inoffensif. Les plus légers sont toujours des allergènes. Ce qui veut dire que vous pouvez y devenir allergique à force d’être en contact avec, même si vous ne l’êtes pas forcément aujourd’hui. On reproche aux conservateurs d’être trop puissants, trop persistants, trop pénétrants. Il y a plus de 50 conservateurs autorisés en Euope. Inutile de dire que je ne les connais pas par cœur, et qu’il est parfois difficile de trouver un lien entre leurs noms INCI, comme on l’a fait avec le silicone. On va quand même essayer. Si jamais vous avez un doute, vous pouvez toujours rechercher l’ingrédient ici. C’est un site qui note plutôt sympa, donc si jamais vous avez un smiley qui fait la tête, reposez le produit.
Les conservateurs synthétiques les plus controversés, en plus des parabens, sont :

 

Les substances halogénées.

C’est-à-dire contenant chlore, iode ou brome.

  • Triclosan : le plus célèbre. Ils sont la capacité de traverser, en proportions importantes, la barrière cutanée et seraient soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens.
  • Methylisothiazolinone : à retenir, on le retrouve énormément car c’est un grand remplaçant des parabens alors qu’il est très allergène. Certaines le trouve pire.
  • Methylchloroisothiazolinone : idem.
  • Chlorphenesin
  • Chloroxylenol
  • Iodopropynyl buthylcarbamate
  • Methyldibromo glutaronitrile

Dans ce produit Cottage, à l’huile d’argan « bio » combien en vois-tu ?

Composition
Aqua, Sodium laureth sulfate, Glycerin, Cocamidopropyl betaine, Sodium chloride, PEG-40 hydrogenated castor oil, Parfum, Laureth-3, Coco glucoside, Glycerin oleate, Argania spinosa oil, Citric acid, PEG-120 methyl glucose dioleate, Magnesium nitrate, Methylchloroisothiazolinone, Magnesium chloride, Methylisothiazolinone, Tocopherol, Hydrogenated palm glycerides citrate, CI 19140, CI 14700.

Réponse à surligner : Methylchloroisothiazolinone (3ème ligne), Methylisothiazolinone (dernière ligne)

La famille des aldéhydes.

Allergènes, irritants et cancérigènes… Difficile de trouver un lien dans les noms INCI pour les repérer facilement.

  • Formaldehyde
  • Benzylhemiformal
  • Diazolidinyl urea
  • Imidazolidinyl urea
  • 2-bromo-2-nitropropane-1,3-diol
  • DMDM hydantoin
  • MDM hydantoin
  • Quaternium-15
  • Sodium hydroxymethylglycinate

Dans ce shampoing « très doux pour bébé », en vois-tu ?

Composition
Aqua, Sodium Laureth Sulfate, Decyl Glucoside, Cocamidopropyl Betaine, PEG-150 Distearate, PEG-7 Glyceryl Cocoate, Glycerin, Polysorbate 20, Dimethicone Copolyol, DMDM Hydantoin, Prunus Amygdalus Dulcis Extract, Panthenol Citric Acid, Sodium Chloride, Phenoxyethanol, Parfum, CI 14700, CI 47005.

Réponse à surligner : DMDM Hydantoin (2ème ligne)

Tu as peut-être également repéré un silicone ? Et bien ce produit contient en plus un autre conservateur de la famille des éther de glycol que nous allons voir maintenant.

 

Les éthers de glycol.

  • Phenoxyethanol : le plus connu, à éviter. Fortement allergène.
  • Ethylhexylglycerin
  • 2-butoxyethanol
  • 2-(2-butoxyethoxy)-ethanol
  • 2-(2-ethoxy)-ethanol

Même s’ils ont tous « ethanol » dans leur nom, on ne peut pas les repérer juste comme ça, car ethanol veut dire alcool, et peut être retrouvé dans d’autres noms INCI.

Est-ce que tu en retrouves un dans ce produit The Body Shop ?

Composition
Aqua, Theobroma Cacao Seed Butter, Butyrospermum Parkii, Glycerin, Cetearyl Alcohol, Glyceryl Stearate, PEG-100 Stearate, Prunus Persica Kernel Oil, C12-15 Alkyl Benzoate, Ethylhexyl Palmitate, Cera Alba, Sesamum Indicum Seed Oil, Bertholletia Excelsa Seed Oil, Dimethicone, Parfum, Caprylyl Glycol, Phenoxyethanol, Xanthan Gum, Linalool, Disodium EDTA, Tocopherol, Limonene, Prunus Persica Extract, Sodium Hydroxide, Benzyl Alcohol, Citric Acid, CI 14700, CI 15985.

Réponse à surligner : Phenoxyethanol (4ème ligne)

Les conservateurs utilisés dans les produits bios

Les produits bios utilisent aussi des conservateurs de synthèse. Ils peuvent également être allergènes.

  • Benzoic  Acid
  • Salicylic Acid
  • Sorbic Acid
  • Dehydroacetic Acid
  • Benzyl Alcohol
  • Potassium Sorbate
  • Sodium Benzoate

Les produits bios utilisent également des conservateurs naturels : les huiles essentielles et l’alcool. Mais on peut quand même y être allergique, et l’alcool peut être irritant. Tu les trouveras sous ces noms : Citronellol, Geraniol, Linalool, Limonene, Citral, Benzyl Benzoate, Coumarin, Alcohol…

INCI : Apprendre à lire les compositions #1 Les silicones

C’est important de savoir ce que notre corps ingère, absorbe, consomme. L’INCI est là pour nous aider dans notre choix de consommateur, même si elle est imparfaite. Tout d’abord, il faut déjà réussir à y voir clair, et cet article est là pour vous aider à vous retrouver avec quelques clarifications et quelques moyens mnémotechniques. Pour ce premier article de la série, nous allons nous pencher sur les silicones, mais d’abord…

 

 

 

C’est quoi l’INCI ?

L’INCI, ou International Nomenclature of Cosmetic Ingredients, est obligatoire en Europe : chaque flacon ou emballage doit donner l’ensemble des composants dans leur nom INCI, donc en terme international. Lorsque tu retournes un flacon, les différents ingrédients sont listés dans un ordre précis : de celui présent en la plus grande quantité, à celui présent en la quantité la plus faible. Cependant, ça ne nous permet pas de savoir avec exactitude leurs proportions : non seulement nous n’avons pas les pourcentages, mais certains n’ont besoin d’être présent qu’à faible dose pour être très efficace. Cela ne nous permet pas non plus de savoir si leur action est amplifiée ou non grâce/à cause de la présence d’un autre composant. C’est le cas avec les huiles essentielles, c’est aussi le cas avec plein d’autres composants.

Si vous n’êtes pas chimistes donc, protégez-vous en passant votre chemin si vous repérez un composant que vous considérez comme potentiellement dangereux. Mieux vaut prévenir que guérir.
C’est en tous cas ce que j’ai choisi de faire.

Cela permet donc de reposer les produits contenant les composants que tu souhaite éviter, et de vérifier si le produit est vraiment naturel. En effet, un produit à 99% naturel, avec 1% de produits dangereux créé un produit non-naturel. Vous ne voudriez pas d’une huile d’olive avec un peu de goudron, si ? 3 petites choses à savoir avant de commencer :

  • Les extraits de plantes sont donnés en latin
  • Les colorants sont notés CI suivis de chiffres
  • Les noms usuels sont indiqués en anglais : honey, leaf, extract…

Pourquoi faut-il éviter le silicone ?

Les silicones servent à mieux étaler un cosmétique, et donner un effet glossy (coucou les fonds de teints et les shampoings). C’est tout. Ils sont mauvais pour la planète, puisqu’ils se retrouvent dans nos rivières et donc touchent la flore, la faune, et… nous. Côté esthétique, les silicones ont un effet semi occultant : ils ont tendance à étouffer la peau et les cheveux, les rendant imperméables à tous soins, et difficile d’accès pour les empêcher de se détériorer… Ca peut conduire à un manque de volume, des cheveux plus gras… Et les peluches de silicones ressemblent à des pellicules. No thanks ! Ça me fait penser aux momies : sympa le sarcophage, dommage que ce soit un cadavre à  l’intérieur.

Comment le repérer ?

La majorité fini par -icone, ce qui les rend facile à retrouver :

  •  Dimethicone Copolyo,
  • Lauryl methicone copolyol,
  • Amodimethicone,
  • Behenoxy Dimethicone,
  • Stearoxy Dimethicone,
  • Cetearyl methicone,
  • Cetyl Dimethicone,
  • Cyclomethicone,
  • Dimethicone,
  • Stearyl Dimethicone,
  • Trimethylsilylamodimethicone

Voilà ! Tu remarques que dans la liste ci-dessus, « dimethicone » revient très régulièrement. Du coup, il est facile de se méfier du Dimethiconol qui est également un silicone ! Deuxième indice pour les débusquer, ceux qui finissent en –iloxane. Ce qui nous donne :

  • Polysiloxane
  • Cyclopentasiloxane,
  • Cyclotetrasiloxane,
  • Cyclohexasiloxane,

 

Il y a des silicones dans beaucoup de produits capillaires, mais aussi dans les crèmes visages, et j’en ai déjà vues dans des huiles pour le corps. Mais maintenant vous savez les repérer 😉

Les perturbateurs endocriniens : malfaisants

Qu’est ce que c’est ?

Les perturbateurs endocriniens sont partout. Dans les pesticides, les plastiques mais aussi dans les cosmétiques comme par exemple l’alcool des parfums. Ce sont des substances chimiques qui se répandent partout également, dans nos corps, notre sang, le lait maternel, les foetus, dans l’eau, dans l’air, c’est un véritable fléau. Endocriniens car ils perturbent le système hormonal : ils imitent les hormones, les modifient ou les empêchent d’agir. Ces dernières années, on a remarqué une véritable baisse de la fertilité masculine : une baisse du nombre de spermatozoïdes dans le liquide séminale, une augmentation du nombre de spermatozoïdes malformés. Au niveau mondial, la qualité du sperme a diminué de moitié. Entre 2005 et 2012, le taux de couples n’ayant pas pu concevoir après un an sans contraception est passé de 14% à 25%.

 

Les hormones dérangées pendant la grossesse peuvent être désastreuses pour les fœtus, ou plus tard quand l’enfant a grandit ou est adulte : proliférations de cancers de la prostate, des testicules, du sein, malformations génitales…
Des animaux mâles qui produisent des hormones femelles, malformation du pénis, non descente des testicules…  Les risques d’hypospadias sont augmentés : l’urètre peut ne pas se former sur le pénis, mais en dessous, sous forme de fente comme pour une femme. Ce sont des changements irréversibles pour ces humains.

Hypospadias balanique, pénien et pénoscrotal

 

J’avais fait mon Travail Personnel Encadré, épreuve au baccalauréat, sur les pesticides. Les professeurs ne nous ont pas crus : « Quoi ? Une telle baisse de la fertilité ? Impossible vous avez dû vous tromper ! Mais bon à la fin de votre dossier je suis allé faire mes courses au magasin bio ». C’était en 2008. Nous ne nous étions pas trompés.

Pourquoi on n’est pas mieux protégés ?

Evidemment ces controverses ne plaisent pas aux industries chimiques : critiquer leurs produits, interdire certains composants va devoir leur faire revoir entièrement leur produit. Dans le milieu cosmétique, une formule est élaborée de manière très précise pour atteindre une odeur, une couleur, une texture et un résultat particulier. Même le flacon joue dans l’équation. Changer une donnée peut être très compliquée, et coûteuse, voire demanderait une innovation pas encore trouvée. Donc ils vont se battre de toutes leurs forces et mettre en doute toute conclusion scientifique, comme à chaque fois qu’un composant est controversé, et comme ça s’est passé avec la cigarette. Créer le doute permet de repousser une décision politique.

Actuellement la commission européenne doit trouver la définition qui va toucher tous les perturbateurs endocriniens. Comme on l’a fait autrefois avec le cancer.

Exemple de produits pouvant contenir des perturbateurs endocriniens : ce qui contient du plastique, des silicones , ce qui contient des détergents, ce qui est alimentaire. Ça fait beaucoup de chose dont il faut se méfier. Dentifrice, produits anti moustiques, tous nos fruits et légumes, sex-toys, grille-pains conserves, canettes, poêles… Vous aviez pensé à tout ça ? Inutile de préciser que notre environnement en est pollué : les eaux en sont infestées, ainsi que nos océans, transformant les humains comme les animaux.

En plus il est plus facile de chiffrer l’impact qu’une interdiction aura sur la santé économique d’un pays, que ce qu’il risque de se passer avec autant de problème de fertilité et cancers. Donc tout le monde traîne des pieds. Le problème ne vient pas uniquement de la législation européenne : avec TAFTA, le nouveau marché transatlantique,les lobbys américains s’en mêlent.

Comment faire pour les éviter ?

Il n’y a actuellement pas de critère légal pour définir un perturbateur endocriniens. On ne sait pas quand ce sera le cas, et comment ils vont légiférer dessus. Peut être que certains seront interdits, et pas d’autres, comme ça a été le cas pour les parabens, qui sont suspectés d’en être. Pourtant ils sont tous dangereux s’ils atteignent le foetus au moment précis où il a besoin de certaines hormones. Comme actuellement il n’y a rien pour nous protéger et que nous ne savons pas quand/si ça arrivera, prenez les devants, et boycottez-les. Ca va être extrêmement difficile et nous n’arriverons probablement pas à tous les exclure. Mais ce sera toujours ça. C’est dans les cosmétiques qu’on les retrouve le plus, c’est pourquoi je fais une série d’articles pour apprendre à lire l’étiquette des flacons. Savez-vous que 71% des fonds de teints contiendraient au moins un perturbateur endocrinien ? Ainsi que des agents pénétrants ce qui favorisent leur absorption.

Il faut donc maintenant se méfier : des parabens et conservateurs comme le triclosan, des phtalates, certains silicones comme le cyclopentasiloxane/cyclomethicone, et des substances comme le benzophenone et ethylhexyl methoxycinnamate, le BHA, le bisphénol A…

Quant aux objets et aliments, méfiez vous du PVC, des substances comme le téflon qui repoussent graisses et eau, des plastiques en général, de certaines encres…

Surtout les plastiques avec l’un de ces symboles

Donc choisissez des bocaux et biberons en verre par exemple, des poêles sans téflon ou en céramique, etc. Oui il y a des alternatives, même si ça nous demande des efforts car nos sommes habitués à un mode de vie empoisonné. Mais une fois ces efforts commencés, on s’y habitue facilement 😉