Costa Rica : L’aventure Green Miss


Je suis rentrée de l’aventure ! J’ai mis un moment à me remettre de mes émotions et me remettre au blog, mais ça fait quand même 3 mois que la mission s’est terminée, et il faut que je vous raconte tout ça ! Comme promis lorsque j’étais candidate au concours Green Miss, voici l’article sur la mission au Costa Rica !

Je vous avais déjà parlé de la partie de l’aventure qui concernait le concours. Un mois intense, un weekend d’élection avec cours de surf… Mais la véritable aventure a commencé fin juillet. Pour rappel, le but de Green Miss était de collecter des fonds pour des associations de sauvegarde de la faune et de la flore et de tourner un reportage pédagogique de sensibilisation à la sauvegarde des écosystèmes. C’est Planetblow qui a créé ce concept, et nous sommes donc partis Sylvain, Anne-Catherine, Pierre et moi pour l’aventure. Nous y avons retrouvé Pauline Ado, championne de surf et marraine de l’opération cette année. Ensemble, nous avons rencontré des personnes incroyables, aux parcours divers, qui fournissent un travail considérable pour protéger la biodiversité. Je vais vous en raconter un peu, histoire de ne pas vous spoiler le reportage !

Le pays n’est pas si vert, la déforestation y fait des ravages, tout comme les braconniers. C’est un beau joyau vert qui a besoin des associations pour protéger sa riche biodiversité. Le reportage met bien en valeur les diverses actions que les personnes au Costa Rica mettent en place pour protéger l’environnement.

 

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Je peux notamment vous parler de Brenda, la fondatrice du refuge des singes de Nosara. Vous l’avez déjà vue dans le reportage de l’année dernière. Elle se couche à 23h et se lève à 3h du matin. 4h de sommeil, pour consacrer entièrement sa journée au refuge qu’elle a créé dans sa maison. Des pièces que j’ai vu, il ne doit y avoir que la cuisine qui ne soit pas consacrée à un animal. Une nurserie au sous-sol, des enclos dans le jardin, tous les animaux blessés de la région sont les bienvenus ici, dans la limite de place disponible… Il y avait un perroquet victime du trafic, deux écureuils attaqués par un iguane, un porc-épic et un raton-laveur qui avaient été domestiqués et devaient réapprendre à être sauvages… Brenda nous a dit qu’au début ils pleuraient lorsqu’ils n’étaient pas pris dans les bras. Coati, singes moine-capucins, chouette, opossums… Et singes hurleurs, en grande majorité.

Nous sommes restés dans le Guanacaste, la partie Ouest du Costa Rica où se trouve de belles plages et de la forêt tropicale sèche. Pour tous les animaux comme les jaguars, toucans ou paresseux, il faut aller au cœur du pays et à l’est, dans la partie tropicale humide vers le volcan Arenal ou Monte Verde. Mais rien qu’en restant au Guanacaste nous avons vu beaucoup de choses.

 

Playa Negra - Guanacaste - Costa Rica

 

Plein les yeux

Une des choses les plus remarquables au Costa Rica c’est qu’au tournant de la route vous pouvez tomber sur un paysage complètement différent, et rien qu’en sortant de votre logement vous pouvez tomber sur une créature que vous n’aviez encore jamais vue. C’est un pays qui vous en met plein la vue mais qui est malheureusement en danger.

Dès mon arrivée, nous avons vu des singes hurleurs. Nous ne sommes allés nulle part spécifiquement pour les voir, ils étaient tout simplement là. J’ai pu les revoir dans le jardin de Los Nancites où nous étions logés, ou encore traversant un pont de singe au dessus de la route.

Sur la plage, des touristes jouaient avec un bébé porc-épic, sur la route vers Tamarindo nous avons vu des vautours se battre pour une carcasse, un iguane disparaître dans la forêt… Nous avons croisé la route de lezards, de geckos, de crabes multicolores, de pélicans, d’oiseaux magnifiques, d’insectes surprenants, chauves-souris, serpents, scorpions…

 

Crabe orange Csta Rica

Mite bleue Costa Rica

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D’ailleurs, n’allez jamais vous coucher les cheveux mouillés au Costa Rica. Je l’ai appris à mes dépends ! Les scorpions adoooorent l’humidité, ils se cachent dans la douche par exemple. Mais comme ils n’ont besoin que d’un interstice de 1.5mm, mes cheveux mouillés ont donné envie à un petit malin de se glisser sous mon oreiller. En me retournant dans mon lit, il m’a piquée au coude, puis à la cuisse le temps que je me réveille comprenne ce qu’il s’est passé et l’attrape. Pas de panique, ils ne sont pas mortels. Mais ils font bien plus mal qu’une guêpe ! En 24h, la douleur disparait. Beaucoup me demande ce que j’ai fait du scorpion. Et bien je l’ai relâché. Je n’allais pas le tuer pour avoir agi comme un scorpion…

 

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Le surf

Nous résidions à Los Nancites, et j’ai régulièrement pris des leçons de surf et de paddle surf avec Pauline Ado, championne de surf. Il y a pire pour être initiée à un sport, n’est-ce pas ?

 

Green Miss Zoé Pauline Surf Costa Rica

Crédit photo : Sylvain Demercastel – Planetblow

J’y suis un peu arrivée, après pas mal de gamelles quand même ! Difficile de savoir ce que j’ai préféré entre le surf et le paddle, mais le paddle permet de profiter du paysage et d’observer. Comme lors de cette promenade que je n’oublierai jamais sur la mangrove. Le paysage était si calme, immense, qui nous faisait nous taire, respectueux. Nous étions aussi à l’affût : normalement nous ne devions pas croiser de crocodiles mais on n’est jamais trop prudents ! Sur les larges racines des arbres qui bordaient la mangrove, il y avait des crabes qui sautaient dans l’eau lorsque nous nous approchions. C’est un écosystème qui sert entre autre de nursery à de nombreuses espèces.

 

Green Miss Paddle Surf Costa Rica

 

Avec le bouleversement climatique, il était difficile de savoir quand les tortues viendraient pondre. Nous n’avons pas pu les voir cette année. Cependant, Pauline me disait qu’elle en voyait chaque matin en allant surfer. Je n’avais clairement pas le niveau pour oser braver les vagues comme elle…. Mais la veille de notre départ je ne tenais plus en place : il fallait que j’en voie une avant de partir. J’ai réussi à aller derrière les vagues avec le paddle, plus à genoux que debout. Sur la mer plus calme, des tortues s’accouplant sont apparues pour reprendre leur respiration. J’ai pu les suivre un moment, en transparence de l’eau… Encore un moment magique, je pouvais quitter le pays sans regret et heureuse.

 

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Le sauvetage de Green

Un matin, Sylvain est venu me chercher : « Salvemonos m’a appelé, on les accompagne sauver un bébé singe ». Il s’agit d’une des deux associations pour laquelle nous avons récolté des fonds, celle qui protège les singes hurleurs. Lorsqu’on arrive sur les lieux, le petit est affamé. Il avait été abandonné par son groupe.  Mis à part la mort de sa mère, il y a diverses raisons pour que cela arrive. On nous a dit que le singes hurleurs agissaient comme les lions. Lorsqu’un mâle alpha prend la tête du groupe, il tue tous les petits pour rendre les femelles disponibles plus rapidement et assurer sa descendance.  Il a pu réussir à s’enfuir ou être mis à l’écart car malade.
Il cherchait à téter nos doigts. Du lait de vache aurait été fatal pour lui, ainsi que de la nourriture solide comme une banane. Rapidement nous lui avons donné du lait sans lactose approprié à son régime et de l’eau grâce à une pipette. Enveloppé dans un linge, il faut le tenir bien contre soi, la chaleur de la mère lui étant indispensable pour ne pas tomber malade. Il était très agité au début mais s’est vite calmé après avoir été nourri. Il a enroulé sa queue autour de moi. Un magnifique moment, plein d’émotions. Il m’a été difficile de le tendre à Patricia de Salvemonos pour qu’elle le remette au refuge de Brenda. Là-bas, il sera pris en charge pendant deux ans minimum, et relâché avec un groupe de singe de la même région que lui.
J’ai eu l’honneur de le nommer : Green. Comme la mission, et comme le petit orang-outan victime de la déforestation qui m’a touché il y a quelques années.

 

Green Miss & Green the monkey

 

Ce qui m’a marqué

J’ai été touché par beaucoup de choses lors de ce voyage et il m’a changée. J’étais déjà engagée, mais voir l’engagement de certaines personnes comme Brenda, Ray ou des membres de Los Amigos Del Diria m’a beaucoup marquée. L’état du pays, lui, m’a chamboulée.

Avez-vous suivi les newsletters ? Si vous faites partie de ceux qui ont donné lors de la campagne, vous avez dû les recevoir. Sinon, des news ont été publiées régulièrement sur le site Green Miss.
Dans une des news, nous parlons de la sécheresse… En effet, dans cette partie du Costa Rica, lors du périple il ne pleuvait pas. C’était pourtant la saison des pluies. Les vaches étaient faméliques, et les personnes interrogées étaient inquiètent. Un épisode d’El Niño redoutable, ou conséquence du bouleversement climatique ? Tous préféraient la première réponse : El Niño signifie cycle et donc retour à la normale, contrairement au changement climatique. Les scientifiques sont maintenant quasi certains que le changement climatique amplifie le phénomène : sécheresse dans certains pays (comme c’est le cas dans cette partie du Costa Rica) et pluies diluviennes dans d’autres.

Nous sommes passés au dessus de nombreux ponts. A la vue de l’état des routes du Guanacaste, une chose semble évidente : si quelque chose est construit ou rénové c’est qu’il y a VRAIMENT une bonne raison. Un pont signifie donc un réel cours d’eau. Et pourtant, la majorité des ponts surplombait de la terre sèche. Quant aux autres, un mince filet d’eau. Il a fini par pleuvoir… Un peu. Pas suffisamment pour préparer la région à la saison sèche, et qu’elle n’ait pas de dramatiques conséquences dans le  Guanacaste.

 

Pluie tropicale Costa Rica Green Miss

 

Autre chose qui m’a brisé le cœur ? Quelques semaines plus tard, quand les tortues sont enfin venues pondre, des centaines de touristes ont ravagé leur ponte. Détruite. La plupart des tortues apeurées ont pris la fuite. Les tortues que j’ai vues s’accoupler n’auront donc pas fait de petits, pour quelques imbéciles qui veulent monter sur elles et des selfies.

Et il y a eu la remise du chèque aux associations, autre moment intense. Bien sûr, vous en verrez plus dans le reportage Green Miss qui ne devrait plus tarder ! Il y avait donc les représentants de Salvemonos, et de Sea Turtles Forever. J’ai terminé mon discours en reprenant les mots de Allain Bougrain Dubourg lors de mon élection : « Let’s try and slow down the decreasing of biodiversity ».  Quelques personnes émues sont venues nous remercier.  « Merci d’avoir cette initiative, merci d’avoir participé à ce concours, merci pour ce pays. Ça fait tellement chaud au cœur que des Français s’intéressent à nos écosystèmes alors que vous êtes tellement loin… ».

Voilà ce que je retiens surtout, voilà ce qui me marque : l’état d’urgence climatique dans lequel nous sommes, la déforestation galopante et l’épuisement des écosystèmes.

Cérémonie Green Miss Costa Rica

 

Et après ? 

Il y a eu pas mal de parutions ! Comme sur RTL, SurfReport ou le magasine Get Up ! Mais il devrait y en avoir encore d’autres, surtout à la sortie du reportage. Et bien sûr, on travaille à la construction du prochain Green Miss… Il y a notamment une conférence de Planetblow lundi 30 novembre à Darwin, Bordeaux sur la démographie et l’écologie à laquelle j’assisterai en tant que Green Miss.

Si vous m’avez suivie sur Instagram vous avez dû en voir davantage ! Vous saviez d’ailleurs qu’il y avait un compte officiel de Green Miss ?
De quoi voir les photos de Lily en 2014, moi en 2015, et de toutes les prochaines Green Miss 😉

 

Zoé 11 bis

Crédit photo : Sylvain Demercastel – Planetblow

Que pensez-vous de cette aventure ?
Voudriez-vous participer ?
Pour protéger quelle espèce ?

5 commentaires sur “Costa Rica : L’aventure Green Miss

  1. Bonsoir,

    Et bien quelle merveilleuse aventure. Enrichissante au possible, émouvante et motivante !
    J’avoue que les enjeux climatiques et la cause animale me touche beaucoup, mais je ne suis pas encore assez parfaite (je pense) pour prétendre participer à la prochaine édition.
    Cependant, si malgré que je ne sois pas encore au 100% bio (mais au 100% sans cruauté), je peux participer, j’aimerais de tout cœur partir défendre, sauver les orques, les ours polaires ainsi que l’environnement des pays du Nord… La banquise, pourquoi pas, je rêve de tout cela. Et je pense que cela pourrait ne me changer qu’en mieux.

    Tu me fais rêver et ne fais que renforcer mes convictions par cet article alors merci du fond du coeur à toi. <3

    • Merci Hilde pour ce gentil mot 🙂 <3
      Eh bien, tu te trouves sur le "Blog d'une imparfaite amoureuse de la nature" ahah, donc il n'y a pas besoin d'être parfaite pour participer à l'aventure ! Simplement d'être engagée avec la volonté de changer les choses et sensibiliser. Je pense au contraire que tu serais une super candidate !
      Et si jamais y a une mission Green Miss pour protéger les orques... Je ferai tout mon possible pour accompagner la Green Miss !!!

  2. Salut.
    Je découvre ton blog avec plaisir et notamment l’aventure Miss Green! Merci merci merci de me faire découvrir tout ça! Très beau blog (à la base j’ai été voir car je trouvais le nom rigolo) pleins de bonnes astuces.
    A bientôt et bonne continuation.
    D.

  3. Et bien quelle aventure! Je t’ai suivi à distance via instagram et du coup c’est super intéressant de lire ton ressenti global sur cette mission. J’imagine en effet que ce voyage a changé ta façon de voir les choses et surtout qu’il t’a permis de visualiser « concrètement » les problèmes de biodiversité… J’espère que le reportage aura un grand succès et qu’il sensibilisera le maximum de personnes!!
    Bisous!

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